Et si vous finissiez vraiment vos morceaux cette fois ?

Est-ce qu’il vous arrive de trouver une idée de morceau (un riff, un concept, une phrase…), de débuter la production, mais de ne jamais la terminer ?

N’êtes-vous pas régulièrement frustrés de voir la quantité d’idées intéressantes qui traine sur votre téléphone et qui restent là ?

Ben pour moi, c’est pareil !

L’idée de cet article, c’est de réfléchir au-delà des conseils habituels. Pour mettre en place des stratégies concrètes qui permettent de passer de l’ébauche au produit fini. De répondre à cette question : comment briser le mauvais sort et enfin finir ses compos ?

Au-delà des conseils habituels pour finir ses morceaux.

Les difficultés de gestion du temps

Depuis que j’ai commencé à composer ma propre musique et à prendre cette passion un peu plus au sérieux, cette question du temps à pouvoir consacrer à un projet me taraude.

Comment font les autres pour trouver du temps pour finir leurs compos ? Et pour qu’elles soient d’une si bonne qualité ? Mais surtout, comment font-ils pour en produire autant alors que je n’arrive pas à en terminer une ?

A titre personnel, je suis papa de 2 enfants, je tente de m’investir localement dans ma région et j’ai un travail à temps-plein en tant qu’enseignant dans le supérieur. La musique est un hobby dans lequel je tente de m’améliorer. J’adore apprendre ! Je lis donc régulièrement et passe beaucoup trop de temps sur YouTube à regarder des tutoriels en tout genre. J’essaye aussi de faire un peu de sport pour rester en forme.

Globalement, la plus grosse difficulté réside dans le fait de trouver du temps pour composer et pour produire mes morceaux. Et pour répondre à cette problématique, j’ai tout tenté : le miracle morning, bloquer des moments dans mon agenda, définir des objectifs clairs quant à la réalisation attendue… Et, s’il est vrai que c’est une partie de la réponse, ce n’est pas suffisant en soi pour finir plus régulièrement mes morceaux.

Le temps à lui seul n’est pas un facteur suffisant pour réussir à finir ses compos. Trouver du temps c’est bien, mais encore faut-il en faire quelque chose.

Les difficultés techniques

Vous l’aurez compris, je ne suis pas un professionnel de la composition ou de la production musicale. J’en suis en revanche un grand amateur et je tente de m’améliorer de jour en jour.

N’ayant pas toutes les connaissances, j’ai mis à l’épreuve diverses aides et méthodes pour débloquer les processus de création et de production de mes morceaux. Par exemple, j’ai tenté d’utiliser des templates préconfigurés, directement dans Cubase pour faciliter toute une partie du travail. J’ai également tenté d’utiliser des suites d’accords toutes faites, ainsi que des boucles de batteries et des presets d’instruments ou d’effets. Etc…

Tout cela, malheureusement, sans résultat réellement probant…

Les difficultés en termes de créativité

Parfois, j’ai pris le temps dans mon agenda, j’ai configuré ma session pour limiter les difficultés techniques et pourtant, je reste là, bloqué, à ne pas réellement savoir quoi faire. Certains appellent ça le syndrome de la page blanche, personnellement ce terme ne raisonne pas chez moi. J’ai toujours bien une idée à exploiter. Le truc, c’est que ça ne donne jamais le rendu escompté… !

Pour contrecarrer cela, j’ai également tenté un paquet de choses. Les deux principales sont la collaboration et le fait d’être guidé pas à pas. Ces deux conseils, je les entends vraiment fréquemment. Et, s’ils ont certainement leur raison d’exister, ça ne fonctionne pas réellement pour moi (pour le moment).

Peut-être est-ce dû à mon manque d’expertise ou au type de projet que je souhaite réaliser, mais collaborer a plus souvent été gênant que productif et intéressant. A plusieurs reprises, je m’en suis mieux sorti en faisant les choses seul qu’en ayant quelqu’un à côté de moi.

Et en ce qui concerne la création pas à pas, avec une structure, je n’ai jamais obtenu un résultat convaincant. Par exemple, j’ai suivi presque toutes les formations proposées par Born To Produce. Ils proposent des formations, dans différents styles, où ils guident pas à pas l’apprenant dans la composition d’une chanson. Et, si je dois bien admettre que j’ai à chaque fois appris un tas de choses, mes compositions à l’issue de ces formations n’ont jamais été réellement intéressantes.

Et donc… ?

Les défis de gestion du temps, techniques et de créativité sont fréquemment abordés en ligne, avec de nombreuses pistes proposées par les créateurs de contenu. Bien que toutes ces suggestions soient utiles, j’ai le sentiment qu’elles ne vont pas assez loin. Je pense que cela s’explique en grande partie par le fait que beaucoup ont oublié ce que signifie être un débutant.

Dans la suite de l’article, je vous propose donc de partager mon point de vue. Mon objectif est que vous puissiez avoir d’autres leviers ou une autre compréhension des choses pour améliorer vos compositions. C’est en tout cas ce qui m’a permis de passer du niveau débutant à celui d’intermédiaire.

6 éléments à prendre en considération pour maximiser ses chances de finir ses compositions.

1.      Avoir le carburant nécessaire pour avancer

Ce premier point est essentiel. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, ça a complètement changé la donne pour moi. J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog, et je continuerai tant je suis convaincu que c’est la base.

Il s’agit de définir un « pourquoi » clair à chaque étape de votre projet musical. Au moins, posez-vous cette question de façon générale : pourquoi faites-vous de la musique ? Pour ma part, je fais de la musique pour le fun, pour apprendre un tas de choses, par passion, mais aussi parce que j’aimerais pouvoir enregistrer mes propres compos, depuis chez moi, de façon semi-professionnelle.

Si, à première vue, ça ne permet pas de terminer ses compos, identifier le pourquoi des choses (le motif, donc la motivation) permet d’engager l’état d’esprit adéquat pour mener à bien le projet. Les obstacles sembleront moins insurmontables et chaque difficulté sera davantage perçue comme une opportunité de s’améliorer plutôt que comme une contrainte impossible à dépasser.

Ensuite, posez-vous la question au départ de chaque projet de morceau. Mais cette fois-ci, découpez le pourquoi en 2 mots. Cela donnerait, par exemple, pour quoi est-ce que je crée cette compo ? A ce stade, se poser cette question permet de focaliser son esprit sur les moyens et les finalités du projet et donc de définir une vision plus claire des éléments fondamentaux à prendre en considération. Créer une chanson avec le but d’apprendre à manipuler des nouveaux outils n’aboutira pas à la même attention qu’un morceau qui exprime une émotion particulière. La vision que vous aurez de votre projet déterminera les intentions que vous identifierez à chacune des étapes.

2.      Ne repartez pas de zéro à chaque fois

Mes 5-6 premières compos ont toute été dans un style relativement différent. Si c’est peut-être une étape nécessaire au départ pour apprendre les outils (instruments vst, plugins d’effets, DAW…) ce n’est pas forcément le bon plan.

Chaque morceau terminé est l’occasion de faire le bilan. Avant de passer à la suite, prenez un temps de réflexion. Demandez-vous ce qui a fonctionné, ce qui vous plait dans cette chanson ou ce beat. Et surtout prenez des notes de ces réponses. Est-ce que le son de kick vous plait ? La mélodie créée est-elle envoutante ? Est-ce que démarrer par le beat a été une pratique soutenante ? etc…

Ça vous évitera de tout recommencer à partir de rien à chaque fois. Et ce que vous garderez de session en session ne sera que de meilleure qualité puisque vous affinerez vos goûts, vos préférences et donc vos compos !

3.      Exploitez vos forces : le secret pour mieux composer

Pour être tout à fait honnête avec vous, je sais que j’ai entendu ce conseil quelque part, mais impossible de retrouver la source. Pourtant, il a clairement changé mon regard sur la composition.

Au début de mon aventure, je n’y connaissais vraiment rien en composition musicale. Mes premières recherches YouTube ont donc été focalisées sur ce point. Et je suis tombé sur une chaine vraiment riche en conseils.

Forcément, en tant que novice en compo, j’ai d’abord imité leur manière de faire. Le truc, c’est qu’ils démarrent au piano. Or, je suis plutôt guitariste à la base. Et, ce n’est que le jour où je me suis basé sur mon jeu de guitare, en appliquant leurs hacks sur cet instrument, que j’ai commencé à affiner mon style. Mes compositions ont donc commencé à s’améliorer.

La conclusion à tout cela est simple : identifiez vos forces et décuplez-les !

4.      Composer nécessite une série d’apprentissages complexes

Certaines rares personnes sont peut-être nées avec des compétences impressionnantes en composition musicale, mais ce n’est clairement pas la majorité des gens. Soyez donc indulgents avec vous-même.

Ce n’est pas un exercice facile et il est donc tout à fait logique de naviguer à l’aveugle dans les premiers projets.

C’est en partie pour cette raison que j’ai souhaité créer ce blog. En effet, beaucoup de créateurs de contenu que j’ai lu ou écouté n’insistent pas suffisamment sur la dimension de l’apprentissage. Hors, s’il y a bien un domaine dans lequel j’ai « senti Â» cet apprentissage, c’est celui de la musique !

Pour plus de détails, n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil sur cet article. Mais globalement, voici un mini processus de 3 étapes qui me semble important pour maximiser son apprentissage et vraiment profiter de ses compositions.

  • Avant toute chose, fixez-vous des moments pour découvrir. Que ce soit découvrir des nouveaux artistes ou découvrir de nouvelles techniques de production, prenez ce temps-là ! Aussi, notez ce que vous appréciez et le fruit de vos découvertes. Ces idées vous serviront.
  • Mais, surtout, ne vous arrêtez pas là. Dans un second temps, fixer des moments d’expérimentation. Le but est de tester et de jouer avec ce que vous avez découvert. Posez-vous des questions du genre : « et si je fais ça, il se passe quoi ? ». Dans cette étape, il n’y a aucune pression, aucun enjeu. On tente pour mettre en mémoire ce qui fonctionne et jeter ce qui nous déplait ou qui ne fonctionne pas.

Ce conseil est souvent donné, mais j’ai rarement entendu quelqu’un préciser qu’il était en réalité la deuxième étape d’un petit processus d’apprentissage.

Et c’est là la clé pour que ce soit utile. Dans l’absolu, cette étape reste intéressante, mais déconnectée du reste. Or, le sens d’une activité est important pour un apprentissage bien ancré. Tout comme s’assurer que la troisième étape est également présente après le fait d’avoir essayé et mis en pratique ce qu’on a découvert d’intéressant.

  • Une fois que vous avez découvert et expérimenté, il est alors temps de mettre en pratique. Utilisez ce que vous voulez garder des deux étapes précédentes et amusez-vous dans vos compositions.

5.      Soyez au clair, c’est mieux que de naviguer à vue !

Ce conseil, c’est celui qui m’a permis de vraiment voir un changement fondamental dans la réalisation de mes compositions.

Le truc, c’est que je n’étais pas très au clair sur ce que j’allais faire une fois ma session ouverte. Alors le temps que j’avais prévu pour avancer sur mon projet était destiné à mille et une choses en même temps. Impossible alors d’avancer sereinement.

Donc, la prochaine fois, avant que vous n’ouvriez votre session, tentez de cibler et définir clairement l’étape que vous allez réaliser. C’est toujours une histoire de vision et d’intention, mais comme si on zoomait jusqu’à l’action la plus concrète et réalisable.

Autrement dit, si la production musicale est un processus (créatif, certes, mais un processus quand même), n’hésitez pas à scinder ce processus en étapes bien distinctes. Bien sûr, plus on progresse et plus les limites entre les étapes deviennent floues. Mais au départ, tout cela est si complexe que s’assurer de bien boucler une action avant de passer à la suivante peut vraiment changer la donne !

6.      Ne visez pas la lune, vous périrez dans les étoiles

Lorsque j’ai commencé à appliquer ce conseil, un peu par hasard, je me suis réellement facilité la vie. Vous l’aurez compris, ces points 5 et 6 sont les conseils que je n’ai pas souvent entendu sur YouTube et dans les formations.

Dans les 3-4 premiers morceaux que j’ai voulu produire de bout en bout, je me suis inspiré de mes groupes préférés.

Alors que je n’étais que débutant, je visais le niveau de groupes ayant des producteurs, de l’expérience, des ingénieurs en mixage, d’autres en mastering… Bref, seul et en tout début d’apprentissage, j’espérais avoir la même qualité dans mes compos et enregistrements.

Soyez donc indulgents envers vous-même ! Et puis, lorsque vous démarrez un nouveau projet, soyez conscient de votre niveau et adaptez vos attentes en fonction de ça…

L’une des clés pour finir ses compos : un cheminement personnel et réaliste

Finir ses morceaux, ce n’est pas seulement une question de technique ou de créativité. Comme nous l’avons vu ensemble, cela relève aussi et surtout d’une approche plus personnelle, d’une meilleure connaissance de soi en tant que musicien amateur.

Les défis de temps, de compétences ou d’inspiration sont réels, mais les solutions se trouvent souvent au-delà des conseils génériques.

En identifiant votre « pourquoi » profond, en capitalisant sur vos forces (par exemple votre niveau en guitare ou votre maitrise de la rythmique…), en adoptant un processus d’apprentissage structuré, en définissant des objectifs clairs et réalistes, vous vous donnez les moyens de dépasser le simple stade de l’ébauche. Chaque morceau terminé est une véritable victoire, quel que soit le résultat, fêtez l’aboutissement de votre projet.

Alors, la prochaine fois que vous sentez la frustration monter, rappelez-vous que vous avez désormais des leviers concrets pour transformer vos idées en compositions abouties. Et si vous pensez que ce n’est pas le cas, tentez de cibler l’apprentissage clé qui vous permettra de débloquer la situation. Et, si vous ne savez toujours pas ce qui vous manque (après tout, on ne se sait pas ce qu’on ne sait pas). N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire.

D’ailleurs, quelles est la première stratégie que vous allez tenter de mettre en place pour vos propres projets ? ðŸ˜‰

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